Déclaration pour un espace public de qualité à Bruxelles

6 thèmes pour définir un espace public de qualité

Définition

L’espace public est un lieu de rencontres, d’échanges et de soutien à la qualité de vie. Il joue un rôle central dans la vie urbaine: la qualité de son aménagement participe pleinement non seulement à la viabilité de la ville dense mais également à son attractivité. Bruxelles, ville région au centre de l’Union européenne, est actuellement en voie de densification et relève ces défis.

C'est pour ces raisons qu'aujourd'hui, les politiques publiques régionales formulent une vision commune et mettent en place des dispositifs soutenant la gestion, la coordination et la production de l'espace public bruxellois. La présente Déclaration décline les divers thèmes de cette vision dans laquelle les différents acteurs de l'espace public - concepteurs, fonctionnaires en charge des projets, mais aussi usagers - peuvent se reconnaître.

Six thèmes

Cette Déclaration considère les principales valeurs établissant les conditions d’un espace public de qualité, au départ de six thèmes :

1. Espace public structurant

L’espace public est un élément central structurant pour la qualité de vie en ville qui fédère et accompagne les usages.

  • Le cadre de vie est créé par l’aménagement de l’espace public qui interagit avec le bâti de façon à dessiner l’urbanité –cette qualité qu’offre la vie en ville–, mais aussi son image.
  • Les espaces communs se déclinent à différentes échelles de la Forêt de Soignes aux places régionales, aux avenues et rues, aux parcs, en passant par les espaces partagés de proximité. Ils doivent être planifiés comme un maillage qui garantit que cette urbanité soit lisible, continue et diversifiée.

2. Espace public multifonctionnel

L’espace public est réfléchi dans sa multifonctionnalité et sa complexité.

  • L’espace public combine et alterne les fonctions : convivialité et anonymat, utilité et divertissement, déplacement ou occupation prolongée …
  • L’espace public s’adresse à tout les usagers, indépendamment du lieu de résidence ; il accueille les habitants mais également les usagers réguliers et occasionnels.
  • L’espace public stimule les rencontres intergénérationnelles et interculturelles.
  • La conquête, temporaire ou prolongée, et l’aménagement d’espaces délaissés (toits, friches, espaces privés, îlots fermés) étend le territoire de l’espace public et suggère de nouveaux usages.

3. Espace public universellement acccessible

L’espace public garantit la sécurité, l’accessibilité, favorise les modes durables de déplacement et l’intermodalité.

  • L’espace public est garant de l’accessibilité universelle du piéton, de tous, sans discrimination.
  • L’aménagement de l’espace public sécurise et le rend confortable à l’usage par des personnes souffrant d’un handicap et de façon plus globale les personnes à mobilité réduite, telles que les seniors, les enfants, les usagers de poussettes, les livreurs, etc.
  • L’espace public hiérarchise les modes de déplacement en donnant la priorité aux modes durables: marche, vélo et transports en commun. Il rationnalise l’espace dédié à la circulation automobile au profit de fonctions de socialisation, de séjour et de mobilité durable. Il participe à la protection des quartiers contre le trafic de transit et intègre une politique de stationnement réfléchie.
  • L’espace public est équipé pour faciliter l’intermodalité par l’ergonomie et la visibilité des trajectoires.

4. Espace public terreau de l'écosystème

L’espace public participe au rééquilibre de toutes les composantes de l’écosystème.

  • L’espace public soutient la complexité de l’écosystème urbain en assurant la coprésence et en favorisant les synergies entre les divers éléments (milieux et organismes) qui le constituent : nature, culture, faune, flore et modes de vie humains.
  • L’espace public participe à la structuration de cet écosystème, au travers des plans qui régissent son développement (maillages vert et bleu), en rééquilibrant et en combinant les qualités de l’environnement sur le territoire de la ville.
  • L’espace public fait davantage de place aux mondes animal et végétal tout en accueillant des formes sans cesse renouvelées de « nature urbaine » par des aménagements permettant l’entretien et la gestion dans le temps. Agriculture et modes variés de végétalisation de lieux sont favorables à l’apprentissage, au respect de l’environnement (biodiversité, propreté), au jeu, à la quiétude ou encore à la convivialité des usagers de l’espace public.

5. Espace public métropolitain

L’espace public est un système réfléchi à la bonne échelle qui inclut proximité, maillage et connectivité.

  • L’agglomération bruxellois s’étend dans une zone métropolitaine connectée avec le monde en un réseau de villes. L’espace public doit être réfléchi dans le cadre de cette zone métropolitaine, en tenant compte du territoire, des paysages et de l’identité géographique de la communauté urbaine.

6. Espace public et citoyenneté

L’espace public son aménagement et sa gestion, sont régis, entre autres, par la participation active des citoyens.

  • L’aménagement de l’espace public se nourrit d’expertises plurielles. Sa qualité dépend donc d’une implication productive et calibrée de tous les savoirs, en ce compris la participation active des citoyens. Leur mobilisation est soutenue par la mise en place de meilleures méthodologies participatives à créer, partager, importer, adapter.
  • L’espace public accueille et encourage aussi des interventions citoyennes, que ce soit de façon indirecte (jardinets, balcons, …) ou directe (trottoirs, friches,…). Dans ce dernier cas, il est important de veiller à un encadrement (règles, accompagnement) de façon à garantir l’accessibilité universelle de l’espace public et notamment la bonne coordination de ces interventions avec les interventions « officielles ».
  • Cette fabrique collaborative de l’espace public repose sur une attitude coresponsable du citoyen, une bonne gouvernance au sein des administrations (redistribution des pouvoirs, communication et collaboration internes) et du politique (collaboration avec la population) et un investissement des gestionnaires de projet. Ce processus doit être enclenché dès la définition du projet et tant à l’initiative des citoyens que des pouvoirs publics.